Le mouvement sexpositif est à la fois un mouvement social et un mouvement philosophique qui trouve ses racines depuis 1980.

Dans de nombreux pays ou régions où domine une mentalité patriarcale, la question de sexualité n’est pas toujours abordée de façon ouverte, même entre adultes.

Le but du mouvement féministe sexpositif est de remédier à cette problématique en ouvrant les consciences sur les rôles et postures de genre héritées de l’influence sociale et familiale.

La sexualité positive, concrètement, qu’est ce que c’est ?

La sexualité positive est une philosophie qui vise à rendre le sujet du sexe plus ouvert à tous. Toutes les personnes devraient vivre pleinement et à leur propre façon leur expérience sexuelle. L’idée fondamentale du mouvement pro-sexe est de convaincre les gens que le sexe n’est pas un sujet tabou au sein d’une communauté. Et cela devrait inclure tous les types de relations : entre partenaires, entre adultes et entre parent-enfant.

Pour mieux cerner le sujet de la sexualité positive, on pourrait également mettre le point sur la sexualité négative. Cette dernière prône que la sexualité est un danger pour notre propre personne et pour les autres. Elle affirme également que le sexe peut corrompre d’une manière ou d’une autre. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la sexualité négative n’induit pas à la privation de rapports sexuels. Elle inculque plutôt une idéalisation sur les pratiques sexuelles à avoir.

A titre d’exemple, la pratique idéale du sexe devrait remplir les conditions suivantes :

  • être hétérosexuel,
  • des rapports sexuels uniquement après le mariage
  • et un âge minimum légal (variant en fonction des pays et des traditions).

 

La sexualité positive s’oppose à cette idée de sexe idéal, car les besoins et les préférences sont personnels.

Le mouvement sexpositif, sur quels fondements se base-t-il ?

Il y a plusieurs fondements idéologiques sur lesquels se basent le mouvement sexpositif. D’une manière générale, voici les principales idées de ce mouvement social.

Une femme à lunettes se questionne sur ses partenaires et sa vie

Une sexualité à questionner au sein de la société

La liberté au niveau des pratiques sexuelles

Le mouvement sexpositif induit tout d’abord à la liberté des pratiques sexuelles.

En effet, beaucoup de personnes se limitent à la tradition :

  • position du missionnaire, au lit et dans un cadre romantique et une douce ambiance. Pourtant, les envies peuvent être différentes d’une personne à une autre.
  • Par exemple, certains couples adoptent les pratiques BDSM pour pimenter leur vie sexuelle, et sortir de la routine quotidienne.

Il n’y a donc pas de bonnes ou de mauvaises pratiques sexuelles. Que ce soit le libertinage, le nudisme, les plans à trois ou les pratiques brutales, il n’y a pas de limite ou de jugement relatif aux préférences.

Question d’émotions et de plaisirs, et non de performance

Dans les pratiques sexuelles idéalisées par les médias, le sexe est souvent assujetti à la performance et à une forme de compétition, et à de nombreuses idées reçues colportées par le manque d’éducation ou le milieu social.

Il est important de noter que le sexpositif n’a pas d’objectif ou de norme en soi. Le sexe doit être un moment de plaisirs pour les partenaires. Il ne s’agit pas de satisfaire uniquement l’un ou l’autre, mais d’être libre de vivre ses désirs, sans se sentir obligé(e) ou redevable à se soumettre à telle ou telle pratique.

l'éducation sexuelle responsabilise et protège les plus jeunes.

Des pré-requis au sex positive

La communication et le consentement entre les partenaires

Attention, le mouvement sexpositif ne valorise pas l’agressivité sexuelle et la brutalité non consentie. S’il faut accepter et considérer admissibles dans le champ social les différentes pratiques et choix sexuels entre adultes, cela ne veut pas dire qu’il faut omettre le consentement.

La sexualité positive met un accent crucial sur le consentement sexuel. Chacun doit être honnête sur ses désirs, ses attentes et aussi ses limites avant et pendant l’acte sexuel.

Toute interaction commencée avec un(e) partenaire peut s’arrêter ou être modifiée, temporisée ou redirigée en fonction des désirs et de l’écoute propre à chacun(e).

Les biais de pouvoir

Une attention toute particulière est portée sur les raisons pour lesquelles on serait encouragé/influencé à consentir une interaction sexuelle avec un partenaire :

  • en raison du statut  social plus élevé de celui(celle) ci,
  • de son savoir,
  • de son autorité,
  • de son âge
  • ou de tout pouvoir d’influence.

Le sexpositif tend à prendre conscience des biais de pouvoir présents dans toutes les situations courantes de la vie où ils peuvent s’exercer.

Education et tolérance

L’enseignement de l’éducation sexuelle au sein des écoles

L’éducation sexuelle est souvent un sujet dérisoire au sein des établissements scolaires.

Peu de gens prennent conscience de son importance, surtout pour les adolescents et les enfants prépubères.

Pourtant, les relations parent-enfant ne sont pas toujours les mêmes, surtout lorsqu’il est question de sexualité. Ainsi, nombreux sont ceux qui vont vers la sexualité négative, en raison de leur manque de connaissances dans le domaine.

Le mouvement pro-sexe vise notamment à donner des cours complets et sérieux au sujet de la sexualité auprès des mineurs. Le but est de les amener à avoir une meilleure ouverture d’esprit, notamment au niveau des préférences sexuelles dites minoritaires ou dissidentes.

L’acceptation des préférences sexuelles de chacun

La sexualité positive vise à prendre en compte les attirances et préférences en terme de relations intimes. Etre gay, lesbienne, bisexuel ou « asexuel » (c’est dire sans attirance particulière et désir de sexualité) n’entraîne aucune stigmatisation. C’est un choix personnel qui ne nuit pas à la liberté d’autrui.

L’absence de stigmatisation se porte également au niveau des standards physiques. Le sexpositif tend à porter un autre regard sur la variété des formes et états du corps et à lutter contre les discriminations :

  • liées au poids, au volume du corps,
  • à l’âge,
  • à la couleur de la peau,
  • comme au handicap.  

L’adoption du concept du « safe sex »

Le safe sex se rapporte à la protection de soi mais aussi d’autrui sur le plan sexuel. Au sens propre du terme, il s’agit de la protection contre les maladies qui peuvent être sexuellement transmissibles. Le port de préservatifs et le dépistage sont donc les solutions à cela.

Cependant, le safe sex va au-delà de cette protection physique.

Il faut aussi prendre en compte la sécurité émotionnelle et psychique de son partenaire.

C’est d’ailleurs pour cela que la communication est un point important dans toute relation, qu’elle soit charnelle ou émotionnelle. Le particularisme sexuel de tout un chacun(e), d’ordre physique ou mental, ne devrait donc pas être un frein aux plaisirs. Il faut savoir parler, se comprendre et s’accepter tel qu’on est.

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