Dans nos communautés polyamoureuses, tantriques et sex-positives, nous cherchons constamment à bâtir des relations plus authentiques, conscientes et épanouissantes. Mais que se passe-t-il lorsque, malgré nos meilleures intentions, nous nous retrouvons à devoir « faire souffrir » l’autre ? Est-il toujours juste de vouloir éviter la peine à tout prix ? C’est la question audacieuse que pose Guilain Omont dans son essai autopublié, « Souffre et fais pas chier ! Quand peut-on légitimement manquer de gentillesse ? ».
Loin d’être une incitation à la cruauté, cet ouvrage est une invitation à déculpabiliser et à affiner notre éthique relationnelle. Il nous pousse à reconsidérer le dogme du « ne pas faire souffrir les autres » pour mieux comprendre les situations où une certaine forme de peine, ou de distance, est non seulement légitime, mais parfois nécessaire pour notre intégrité et l’équilibre de nos relations.
Un des apports majeurs du livre, particulièrement pertinent pour les personnes polyamoureuses, est la gestion des attentes relationnelles. Combien de fois nous sommes-nous sentis coupables de ne pas pouvoir répondre à toutes les attentes de nos partenaires, ou de devoir poser des limites qui pourraient les peiner ?
Omont nous invite à inverser la perspective : si une personne a moins d’attentes concernant l’intensité d’une relation, c’est à elle que revient la priorité. Cela signifie que si vous avez besoin de moins de contact, de moins d’engagement, ou simplement de plus d’espace, vous avez le droit de le demander sans culpabilité. Et la personne qui a plus d’attentes est invitée à travailler sur son autodétermination et à développer ses propres ressources pour ne pas dépendre excessivement de l’autre.
« La personne qui a le moins d’attentes a la priorité sur l’intensité de la relation. Cela permet de réduire la culpabilité de celui qui veut moins et l’insistance de celui qui veut plus. » [1]
Cette approche est libératrice. Elle nous permet de :
Le livre de Guilain Omont nous pousse à dépasser une vision simpliste de la gentillesse, souvent confondue avec l’absence de conflit ou la complaisance. Il nous invite à une gentillesse plus profonde, celle qui respecte l’intégrité de chacun, même si cela implique parfois de traverser des zones d’inconfort.
Dans le polyamour, le tantra et le SexPo, où l’exploration de soi et des relations est constante, cette éthique de l’authenticité est une ressource précieuse. Elle nous encourage à :

Il y a une coquille ! « Souffrir et ne pas (faire) chier » est un ouvrage qui, malgré son titre provocateur, est profondément bienveillant. Il offre une boîte à outils conceptuelle pour construire des relations plus éthiques, plus libres et plus respectueuses de l’autonomie de chacun. Pour les communautés polyamoureuses, tantriques et sex-positives, où la complexité relationnelle est une donnée, ce livre est une ressource inestimable. Il nous aide à naviguer dans les eaux parfois tumultueuses de nos désirs et de nos limites, avec plus de conscience, de courage et de compassion.
Alors, la prochaine fois que vous vous sentirez coupable de devoir « faire souffrir » quelqu’un en posant une limite ou en prenant de la distance, rappelez-vous : il est parfois légitime de « souffrir et ne pas chier ! » pour mieux vivre et laisser vivre.
Références
[1] Omont, Guilain. Souffre et fais pas chier ! Quand peut-on légitimement manquer de gentillesse ?. Autopublication, février 2026.
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